
La plupart des athlètes, dotés d’un talent inné, s’entraînent depuis très longtemps, voire même depuis qu’ils peuvent marcher. Les années passent et leurs habiletés naturelles et acquises se développent. Ils évoluent en tant que personnes, mais principalement en tant qu’athlètes. Ils prennent également conscience de leurs capacités physiques et mentales pour finalement arriver à l’étape clé de leur cheminement : se fixer des objectifs, des buts à atteindre. Ils rêvent aux Championnats canadiens, aux Championnats du monde, aux Jeux Olympiques, à cette « fameuse » médaille d’or, à la gloire. Mais ce rêve si grandiose, si féerique, peut se transformer en un véritable cauchemar lorsque la performance d’un athlète devient une obsession. À vouloir à tout prix devenir le meilleur ou la meilleure, l’athlète s’ajoute un sentiment malsain à l’esprit et peut aisément perdre les pédales. Selon la psychologue Madeleine Halé, « ça devient difficile à accepter quand c’est impossible pour l’athlète de performer de façon suffisante à pouvoir atteindre son but et que l’athlète continue aux dépens de sa santé, sa vie émotive et sociale… » J’ai eu la chance de faire une entrevue avec une ancienne olympienne et je peux vous dire que le regard de cette athlète m’a fait comprendre que pour certains, terminer une carrière avec une médaille d’argent au cou et non d’or, est un échec. Arriveront-ils un jour à faire leur deuil?
Si certains athlètes en font une maladie, à l’inverse, d’autres ne cherchent pas à récolter une médaille d’or, mais plutôt à se dépasser. Amélie Plante, ancienne gymnaste olympienne d’Athènes 2004, qui a travaillé d’arrache-pied pendant 16 ans, a réussi à se créer un monde où sa passion pour le sport était sa source de motivation. Après une non qualification pour les Jeux Olympiques de 2000 à Sydney, Plante s’est acharnée encore quatre autres années pour finalement atteindre son but ultime : « participer » aux JO. « Oui, c’était important la médaille d’or, mais pour moi, je cherchais à « compétionner » contre moi-même. Si je sentais que j’avais fait mon possible pour bien performer, j’étais contente. » Durant sa carrière de gymnaste, Amélie a réussi à relever le grand défi d’un athlète; maintenir son équilibre malgré les défaites.
Dans la vie, rien de grand ne se concrétise sans effort. Oui, on se rappelle et on se rappellera des athlètes qui ont terminé sur le podium. Oui, il est possible qu’on oublie les athlètes qui ont terminé huitième, quinzième et même vingtième au monde. Mais merde, ils sont tous des champions, des héros. L’horrible obsession de la victoire qui torture leur raison et qui dévore leur cœur, il faut qu'ils s'en débarrassent! La réussite d’un rêve passe avant tout par la passion et la réalisation de soi. Ils doivent libérer toute l’énergie qu'ils ont en dedans d'eux sans se limiter. Et peu importe la finalité de leur carrière, l’expérience du sport, à tous les niveaux, fait grandir.
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