lundi 8 février 2010

Juge-moi donc sans me juger!

Les Jeux Olympiques, mais quel événement prestigieux! N’est-ce pas la compétition sportive la plus attendue par les athlètes? À tous les quatre ans, ces guerriers, ces machines, ces passionnés du sport qui ont mis corps et âme dans leur entraînement, ont enfin cette unique chance de prouver au monde entier leur talent. Cette étape de leur vie, ils la rêvent depuis toujours. Sacrifices, non, choix de vie diront-ils, ils en ont fait sans même les compter. Mais qu’advient-il lorsque leur rêve se voit freiner par la partialité d’un individu communément appelé : juge


À quelques jours des Jeux de Vancouver, malgré toute cette frénésie qui règne, je sens en moi un peu d’agacement. Les fameux sports jugés! Si plaisants à regarder mais malheureusement souvent synonymes de controverse. Et pourquoi cette polémique ? Parce que l’évaluation de leur qualité artistique et technique, tel que le patinage artistique, est l’affaire d’un jury, contrairement aux épreuves où la performance dépend d’un temps. Mais qui donc siègent à ce comité ? Des membres choisis selon certains critères entre autres selon leur nationalité. Cette réponse en dit long sur la manière de juger, n’est-ce pas ? Assez difficile pour un juge de mal noter un athlète représentant son pays. Tout autant difficile pour une mère de dire à sa fille unique qu’elle est la deuxième plus belle.


C’est pendant les Jeux de Salt Lake City en 2002, avec l’histoire du duo Salé / Pelletier en patinage artistique, que j’ai commencé à prendre conscience de cette problématique, mais sans nécessairement m’y attarder. Le vrai moment clé ? Les Jeux Olympiques d’Athènes 2004. Pourquoi ? Quand ta sœur participe à un tel événement, je peux vous dire que tu te retrouves dans un état avec un degré d’intensité tellement élevé que tout te touche vraiment profondément. En regardant les Jeux, j’ai compris que, autant grandioses ils sont, autant ils te jettent dans un état de consternation par moment. Et ce sentiment de désolation, je l’ai ressenti lors de la finale de gymnastique artistique masculine à l’épreuve du saut. Malgré la réussite de ses deux sauts, le canadien Kyle Shewfelt récolte une 4ème place derrière le roumain Marian Dragulescu qui manque son deuxième saut et qui en plus, rate le tapis d’arrivée. Supposition : un des juges aurait donné l’avantage à un athlète de même nationalité. Être témoin de ce genre de situation m’affecte réellement et quoi de pire que d’être envahie pas un sentiment d’impuissance.


Mais comment faire pour cesser les conflits d’intérêt entre les juges? Pouvons-nous réellement agir et changer les choses ? Les Jeux de Vancouver approchent à grands pas et l’univers du patinage artistique n’est pas à l’abri de cette controverse. Avec un code de pointage qui empêche de connaître les scores attribués par chacun des membres du jury, et avec le côté artistique qui est totalement laissé à la subjectivité des juges, il semble d’une évidence même que les risques d’arrondir une note en faveur d’un athlète sont toujours présents. N’empêche que si mesures sont prises pour contrer l’impartialité des juges, des problèmes plus « techniques » peuvent survenir. Souvenez-vous de Sylvie Fréchette aux Jeux de 1992 à Barcelone. Favorite pour remporter l’or en nage synchronisée, un juge se trompe en entrant la note sur l’ordinateur et celle-ci se voit reléguer au 2ème rang. Était-ce vraiment une erreur ? Son doigt aurait-il pu glisser sur une autre touche ?


Controverses, polémiques, il y en aura toujours. Un juge partial, un athlète qui ment sur son âge, un cycliste qui prend de l’EPO, ces situations font partie du milieu sportif. Désolant vous me direz ? Mais regardez autour de vous, ce genre de scandale se produit constamment ; l’Affaire Norbourg, la fraude d’Earl Jones, les pratiques douteuses dans l’industrie de la construction. Toutefois, en ce qui concerne le sport, nous devons faire confiance aux décisions de la majorité des juges même si certains n’arrivent pas à être subjectifs. Puis si nous sommes en désaccord contre une décision quelconque, nous aussi, téléspectateurs, avons le pouvoir d’être subjectifs dans l’évaluation d’une performance. Car nous aussi, avons nos préférés. ;)



*Je tiens à remercier ma sœur qui a éveillé en moi la passion du sport. Elle est, et sera toujours, en toute OBJECTIVITÉ, mon athlète préférée.

1 commentaire:

  1. Beau texte man!

    Ce serait intéressant de pouvoir te lire sur ce sujet pendant les jeux pour nous tenir au courant des "scandales"!!

    Meilleur texte à date (en toute objectivité) ;)

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